Éditorial signé Négociation QVCT

Accord QVCT chez Orange : la CFDT signe un accord ambitieux

Après six mois de négociation, la CFDT signe l'accord portant sur la qualité de vie et les conditions de travail. Trois avancées majeures pour les salariés du groupe : télétravail élargi, droit à la déconnexion renforcé, prévention RPS structurée.

Femme qui s'étire devant la fenêtre de son bureau — illustration de l'accord QVCT
L'accord QVCT signé chez Orange ouvre de nouvelles marges de manœuvre sur le télétravail, le droit à la déconnexion et la prévention des RPS. © CFDT Orange

C'est un soulagement, mais surtout une fierté. Après six mois d'une négociation intense, parfois âpre, la CFDT a signé hier soir l'accord QVCT 2026-2028 chez Orange. Cet accord, qui couvre près de 70 000 salariés du périmètre français du groupe, marque un tournant sur trois sujets que la CFDT portait depuis longtemps.

Un télétravail enfin adapté à la diversité des métiers

Première avancée, et non des moindres : le télétravail. L'accord précédent imposait un cadre unique à tous les salariés, qui ne tenait pas compte de la réalité des métiers. Un conseiller en boutique ne peut pas télétravailler, c'est évident. Mais un cadre de la DTSI, un commercial OBS, un opérateur de service client peuvent en bénéficier différemment selon leur activité.

Le nouvel accord introduit quatre régimes différenciés de télétravail :

  • Le régime « hybride », jusqu'à 3 jours par semaine, pour les fonctions tertiaires et techniques télétravaillables.
  • Le régime « ponctuel », jusqu'à 60 jours par an, pour les fonctions partiellement télétravaillables.
  • Le régime « événementiel », pour les situations exceptionnelles (intempéries, grèves transports).
  • Le régime « non éligible », couvert par d'autres mesures compensatoires (prime mobilité douce notamment).
« Cet accord rompt avec la logique du "tout ou rien". Il reconnaît qu'un cadre OBS et un conseiller boutique n'ont pas les mêmes besoins. C'est ce que portait la CFDT depuis le début. »
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Pour aller plus loin

Consultez la fiche pratique « Télétravail » du guide des droits — toutes les modalités d'application, démarches et recours.

Le droit à la déconnexion enfin opposable

Deuxième avancée majeure : le droit à la déconnexion devient opposable. Ce qui changera concrètement ? Un salarié qui reçoit un courriel professionnel en dehors de ses horaires de travail n'a plus l'obligation morale d'y répondre, et le manager qui en ferait pression pourra être saisi par l'inspection.

L'accord prévoit notamment :

  • L'inscription du droit à la déconnexion comme principe directeur, avec sanction managériale en cas de non-respect répété.
  • L'instauration de plages horaires « no-meeting » entre 12h-14h et après 18h.
  • Un dispositif d'alerte simplifié auprès du référent QVCT en cas de pression managériale.

La prévention des RPS prend enfin corps

C'est probablement le volet le plus important de l'accord, et celui sur lequel la CFDT s'est le plus battue. La prévention des risques psychosociaux ne peut plus se limiter à des questionnaires annuels et des formations e-learning. Elle doit s'inscrire dans le quotidien.

Le nouvel accord crée :

  • Un réseau de référents QVCT formés et identifiés dans chaque établissement.
  • Un baromètre RPS trimestriel avec restitution obligatoire en CSE.
  • Un droit à l'alerte renforcé avec garantie de non-représailles.
  • Un budget dédié à la prévention, distinct des budgets de communication interne.

Les points où la CFDT n'a pas obtenu gain de cause

Soyons honnêtes : tout n'a pas été gagné. La CFDT demandait depuis le début un quota minimum de jours de télétravail garanti pour les métiers éligibles. Ce point a été refusé. La CFDT demandait également la création d'un congé proche aidant rémunéré au-delà du minimum légal — refusé également.

Pour autant, l'accord obtenu marque un progrès net par rapport à l'existant. C'est pourquoi la CFDT a fait le choix de la signature, contrairement à d'autres organisations qui ont préféré refuser. Refuser n'aurait rien donné de plus aux salariés. Signer permet d'engranger des avancées concrètes dès le 1er juillet 2026.

Et maintenant ?

Les prochains rendez-vous sont déjà calés. La CFDT veillera de près à la mise en œuvre concrète de l'accord dans les établissements, avec une attention particulière aux métiers de la Distribution et de l'Intervention Terrain qui sont historiquement les moins bien servis par les accords nationaux. Nous publierons un suivi trimestriel sur ce site.

Et bien sûr, la NAO 2026 va commencer. C'est le prochain combat.

Cet accord, vous le devez aussi à la CFDT

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